Sommaire Glass made transparent

Chapitre 1 Le col du vase
En règle générale, le haut du vase est rond. La plupart des vases de Gallé, de Daum et de Schneider sont soufflés par un maître verrier. Ceux de Gallé et de Daum le sont dans un moule en bois. Le vase est soufflé à l’aide d’une tige creuse : la canne. Une fois obtenue la forme définitive, l’autre extrémité du vase est soudée à chaud à une tige pleine appelée pontil. La canne est alors détachée du vase, et le souffleur chauffe à nouveau le col pour en arrondir et lisser le bord supérieur. Pour finir, le pontil est détaché à son tour du fond du vase, où il laisse une marque.


Lorsqu’un vase est endommagé, c’est souvent sur le haut du col. Une pièce ébréchée perd beaucoup de sa valeur bien sûr, ce qui explique pourquoi de nombreuses personnes cherchent à masquer l’éclat en meulant le bord du vase, d’un ou plusieurs millimètres. Il est donc important de connaître la forme originale du col. Ainsi, lorsqu’un vase du Verre Français ou de Schneider se termine par un bord plat, vous pouvez être certain qu’il a été coupé.


Il y a toutefois des exceptions : les verres qui ont été soufflés dans un moule et qui ne portent aucune marque de pontil.


Il en est ainsi par exemple des vases « jardinières ». Les pièces du Verre Français de ce type ont une surface rugueuse, causée par le travail de gravure à l’acide. La surface ne doit jamais être parfaitement lisse.
Les vases qui ont été soufflés dans une pièce en métal ne présentent pas de marque de pontil. La partie du verre au dessus du métal doit être proportionnée au reste du vase, et le bord doit obligatoirement être régulier. Retournez toujours la verrerie sur une surface plane pour vous assurer que le bord ne présente aucune irrégularité et touche en tous points la surface plane.


Il ne faut jamais acheter un vase dont il reste peu (ou pas) de verre au-dessus de la partie métallique. Sur la photo de ces vases de verrerie de Lorraine d’un ancien catalogue, on remarque qu’il y a deux ou trois centimètres de verre au-dessus du métal.


Le haut des vases de Daum gravés à l’acide doit avoir la même finition que l’ensemble du vase. Vous devez sentir un rebord. Plus la ciselure est profonde, plus le bord est épais. S’il n’y a pas de rebord, prudence.
Les plus difficiles sont les vases de Gallé. Ceux qui sont ciselés à l’acide ont souvent eu leur bord arrondi à la main afin de parfaire la forme du vase. Comment alors savoir si cette coupe a été réalisée à l’usine au moment de la fabrication, ou plus tard par un contrefacteur ?


Si l’on remarque de grandes parties aplaties sur le bord, c’est qu’il a été coupé pour enlever des ébréchures. Si le bord présente une légère irrégularité ou n’est plus rond, c’est qu’il a subi une restauration.
S’il y a une différence dans les couleurs, il faut se méfier. Le mieux est de prendre en main le plus de vases possible afin de sentir et de reconnaître la matière, le poids, le toucher.


Chapitre 2 Le pied du vase

Les mêmes règles s’appliquent pour le col et le pied d’un vase : finition de la gravure à l’acide, même bord en haut et en bas.


Sur la quatrième de couverture de cet ouvrage, sont représentés deux vases de Daum qui semblent identiques mais ne le sont pas. C’est la raison de ce livre. Lorsque vous l’aurez lu, vous saurez détecter les vices cachés.
Un vase en verre peut avoir un pied en argent ou en bronze. Dans ce cas, celui-ci doit pouvoir être retiré, ce qui permet de vérifier que la base du verre est intacte. Le pied en métal doit illustrer le thème principal du vase. Si le vase est décoré de marguerites, le pied en argent ou en bronze doit lui aussi figurer des marguerites. Et non des tulipes !


Le fond du vase peut présenter des rayures dues à l’âge et à l’usage, mais ne vous fiez pas à toutes les traces d’usure que vous voyez. Elles peuvent aussi avoir été faites artificiellement sur un vase neuf, avec du papier de verre ou par frottement sur un sol en ciment. À l’inverse, des petits vases anciens, conservés précieusement dans des vitrines, peuvent être tout à fait intacts.


Soyez attentifs aux taches sombres.
La lumière passe au travers du verre. Regardez toujours l’intérieur en le mettant devant une source lumineuse. Si vous remarquez une tache noire, touchez-la avec vos dents. S’il s’agit de résine époxy, elle vous paraîtra tiède à côté du verre. Tapotez doucement le vase avec une clé : le son sera différent aux endroits restaurés avec de la résine.


Il se peut que le fond du vase soit troué parce qu’il a été transformé en lampe, afin de faire passer le fil électrique. Cela est plus fréquent que vous ne l’imaginez.


Chapitre 3 La signature
Combien de fois avez-vous changé de signature au cours de votre vie ? La mienne a changé deux ou trois fois.
Sur les vases, les signatures varient elles aussi très souvent. Gallé, Daum et Schneider ne réalisaient pas les pièces eux-mêmes. Les souffleurs soufflaient, les décorateurs dessinaient les motifs, et d’autres ouvriers apportaient les finitions. Une dizaine de personnes intervenaient sur chaque pièce. Les signatures variaient donc selon les artisans, et au fil des années. Ainsi, les signatures de la période Art Nouveau diffèrent de la période Art Déco.


La signature n’indique pas qu’une verrerie est fausse ou authentique… à moins que le faussaire n’ait commis une erreur grossière.


  • 7-9-2010

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